La ruche kenyane

La ruche naturelle par excellence

Tout savoir sur la ruche kenyane

Les ruches à rayons mobiles trouvent leur origine dans l’antiquité grecque. Ces ruches sont alors construites avec des paniers aux parois en forme de cône qui sont enduites de boue. De telles ruches sont les ancêtres de la ruche kenyane à barres supérieures (Kenyan Top Bar Hive), à rayons mobiles, développée ces dernières années.

Cette ruche a été utilisée dans les programmes de développement extensif apicole, dans des régions où le matériel de ruches à cadres est trop coûteux et la technique trop complexe pour les petits exploitants.  Elle a notamment été mise au point pour être utilisée au Kenya dans les années 70 et moderniser l’apiculture africaine.

La prise de conscience des pays industrialisés sur la nécessité de protéger l’abeille a permis à la ruche kenyane de prendre peu à peu son essor chez les particuliers. Elle convient parfaitement à une apiculture de loisir sous nos climats.

Elle se situe à mi-chemin entre les ruches traditionnelles (dont les rayons de cire naturelle sont collés aux parois) et les ruches conventionnelles (dont les cadres de cire, industrielle, sont amovibles). Elle nécessite peu de matériel à son exploitation et sa conduite est facile grâce à ses rayons amovibles.

De nombreux atouts

rayon de cire de ruche kenyane

Une ruche écologique & alternative

Dans cette ruche l’abeille bâtit ses propres rayons de cire en les fixant sur des barrettes amovibles, sans cadres préétablis et sans introduction de feuilles de cire gaufrées qui contiennent des résidus chimiques. Cette ruche, exempte de résidus chimiques, permet de préserver la longévité des abeilles et d’obtenir des produits de qualité.

Une conduite moderne

Elle possède des parois inclinées. Cette forme a pour incidence majeure que les rayons de cire ne sont pas collés à la paroi, chaque rayon est donc amovible. Aucune amorce de cire n’est exigée pour guider la construction du rayon. Enfin, son tiroir amovible permet de contrôler les maladies et parasites.

Une conduite simple et confortable

La ruche étant horizontale, cela facilite les manipulations. L’apiculteur n’a pas à soulever de charge lors d’une visite, et travaille à hauteur d’homme.  Les rayons peuvent être remis en place sans être détruits. L’essaimage peut être contrôlé et les colonies développées avec de simples méthodes d’élevage de reine. Les barrettes jointes sans espacement forment le plafond de la ruche et facilitent le travail avec les races d’abeilles défensives.

De plus :

Lors de la manipulation des rayons par l’apiculteur, les abeilles sont peu dérangées.  La récolte par petites quantités effectuée par l’apiculteur n’est pas traumatisante.

  • Cette ruche nécessite peu d’investissement : il n’est pas nécessaire d’acheter d’extracteur, le miel récolté est pressé puis filtré ou peut être directement dégusté sous sa forme naturelle, en rayon.
  • Cette ruche est plutôt sédentaire en raison de son poids et de son encombrement. Toutefois, nous avons développé un modèle de ruche transhumante permettant aux apiculteurs intéressés d’avoir la possibilité de déplacer leurs ruches, notamment afin de suivre la floraison.
  • Cette ruche est en marge du productivisme : sa production est liée au système naturel puisque l’abeille consomme du nectar pour construire ses rayons de cire.

ruche kenyane


Un concept idéal

ruche kenyane

Nous allons aborder les différentes caractéristiques  de cette ruche horizontale qui mesure environ 1 m de longueur.

La fabrication de cette ruche est complexe en raison de nombreuses coupes d’angle. Mais ses caractéristiques en font aussi une ruche unique !!

Les grandes faces donnent à cette ruche une forme trapézoïdale.  La force de cette ruche réside également dans ses rayons de cire amovibles qui sont construits naturellement par les abeilles

L’inclinaison correspond à la ligne de direction des alvéoles. En effet, les abeilles bâtissent des alvéoles rondes dont la base est hexagonale, pointe vers le bas.

L’hexagone qui s’imbrique en bas de celui-ci crée une ligne de direction qui forme un angle de 60° avec le plafond. Cette pente suit la courbe d’un rayon construit naturellement, cela minimise l’attachement du rayon aux parois de la ruche. Ce qui permet à l’apiculteur de retirer les rayons naturellement sans les casser.

rayon de cire de ruche kenyane

Des barrettes sont disposées parallèlement aux côtés trapézoïdaux de la ruche. Serrées les unes contre les autres, elles forment le plafond de la ruche.

Ces barrettes de bois, profilées, servent d’amorce aux abeilles pour la construction de chaque rayon de cire. Pour compléter le tout, une partition trapézoïdale cloisonne la colonie.

La colonie, dans cette ruche,  se développe horizontalement. Cette ruche permet donc d’adapter le volume de la colonie en bougeant simplement la partition.

Pour plusieurs raisons, nous pensons vraiment que cette ruche a de l’avenir car son système horizontal profite beaucoup à l’abeille contrairement au système vertical qui profite davantage à l’apiculteur.

La chambre à couvain est l’élément le plus important de la colonie. Une fois la colonie bien établie, l’abeille dépose le nectar en rayon à l’endroit où il y de la place. Ensuite, dès la miellée, l’abeille bâtit ses cires afin de mettre le miel en rayons. A cette étape, l’apiculteur à juste besoin de décaler la partition. Quand le miel est mûr, il peut prélever uniquement le surplus soit 1 ou généralement plusieurs rayons.

En comparaison, dans le système vertical (ruche Dadant par ex), dès la miellée, l’abeille dépose le miel en haut lors de l’ajout d’une hausse par l’apiculteur. En cas de mauvais temps, cette intervention peut refroidir le couvain ; entraînant ainsi des maladies de couvain.

De plus, en système vertical, l’apiculteur récolte généralement bien plus que le surplus en prélevant une hausse entière et épuise ainsi les réserves constituées par les abeilles. Cette pratique prive les abeilles de leurs réserves hivernales et oblige donc l’apiculteur à nourrir les abeilles en rajoutant du sucre en automne, en hiver et au printemps.

vue de la ruche kenyane par dessous


La génèse des dimensions

rayon de cire de ruche kenyane

Lorsque j’ai décidé de me lancer dans l’apiculture, dans un contexte d’environnement dégradé et face au syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, je souhaitais participer à la préservation des colonies, récolter quelques produits de la ruche et une question s’est posée à moi « quel type de ruche utiliser ?»

J’ai souhaité développer une ruche qui renforce le dynamisme de l’abeille et répond aux valeurs de respect de l’environnement, afin de mieux lutter contre les agressions extérieures liées à la mondialisation. Je me suis rapidement orienté vers le concept l’apiculture naturelle, proche de la nature, qui permet à l’abeille de construire ses propres rayons sans ajout de feuilles de cires gaufrées polluées couramment utilisées dans les ruches traditionnelles.

Le choix de la ruche « kenyane », après deux années de tests, m’ont rapidement convaincu des atouts de la ruche kenyane « africaine ».

Certains axes d’amélioration subsistent : la dimension de la ruche kenyane « africaine » ne me permettait pas de lancer une petite exploitation, ses dimensions originelles n’étant pas compatibles avec les caractéristiques de l’abeille européenne.

Afin de lancer le projet, il convenait donc d’adapter la ruche kenyane « africaine » à l’abeille et au climat «européen.

Sur plusieurs années, j’ai donc effectué des recherches et des tests afin de déterminer les dimensions idéales de la ruche idéale :

Mes points d’attention se sont donc portés sur :

  • la surface de ponte
  • le volume
  • la recherche d’une forme équilibrée se rapprochant d’un cercle
  • le souci de limiter le colalge des rayons sur les parois

La ruche kenyane « européenne » : une littérature foisonnante consacrée à l’apiculture, m’a permis de découvrir que le diamètre du couvain originel de l’abeille « européenne » correspond à 26 cm.

Cette dimension a servi de base afin de réaliser des plans de tailles et d’angles différents. En 3 ans, j’ai  réalisé sur cette base 70 ruches à partir de 7 modèles.

Cette étude et ces tests sur les ruchers ont permis de constater que le diamètre du couvain originel devait être ramené à 25 cm car les rayons étaient trop souvent collés à la paroi. Lourds, ils pouvaient s’effondrer lors de la manipulation par l’apiculteur.

25 cm est donc le diamètre que nous avons finalement retenu, permettant à l’abeille de s’épanouir et à l’apiculteur d’exercer sereinement son activité.

Le calcul de la surface nécessaire à la ponte d’une reine, à la belle saison, s’effectue sur la base de 2000 œufs par jour, soit 10,6 rayons. Ainsi, pour effectuer le calcul du volume, nous nous sommes basés sur 11 barrettes. Le calcul du volume de 11 barrettes plus un intervale correspond à 33 litres.

Pour arriver à ce résultat qui est excellent, nous avons agrandi légèrement la surface en intégrant un deuxième cercle.

dimensions de la ruche kenyane finalisées

Ce travail de recherches a permis de finaliser le plan qui permet d’obtenir :

  • une bonne gestion des rayons (qui ne sont pas ou très peu collés sur la paroi)
  • une surface de ponte en adéquation avec ce que l’on peut observer dans la nature.

Ce plan de ruche que nous avons réalisé, nous donne entière satisfaction, et représente le meilleur compromis.

Cette ruche avait également besoin d’être améliorée car la conduite des colonies d’abeilles a évolué. J’ai donc innové et amélioré certains  éléments incontournables de la ruche en créant notamment des planchers amovibles (classique 2 entrées, d’élevage, de fécondation, de production de gelée royale), une trappe à pollen, des pieds réglables, un toit ouvrant sur charnière…

abeilles sur rayon de couvain de ruche kenyane

Sommaire

La ruche kenyane

De nombreux atouts

Un concept ideal

La génèse des dimensions